Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

dimanche 30 août 2009

Numérisé par Google.

J'avais attiré votre attention, voici quelques mois, sur l'incroyable vitesse à laquelle étaient numérisés et mis en ligne par Google nombre de livres et de documents autrement introuvables pour qui ne dispose pas du statut de chercheur ou reste limité dans ses ambitions bibliophiles par le prix rédhibitoire des rares exemplaires disponibles sur le marché. L'inconvénient du travail du pionnier Gallica, lenteur de chargement et  lourdeur d'utilisation, qui pouvait décourager même le plus opiniâtre des lecteurs, a été levé par Google qui présente l'essentiel des ouvrages en format texte, avec de grandes facilités de recherche.
Libération présente sur son site web ce matin un article consacré à cette "mainmise" de Google sur le patrimoine mondial du livre, et fait la comparaison suivante. On vous offre une maison (superbe), on vous en laisse l'intégrale jouissance, mais la voie d'accès à cette maison ne vous est nullement garantie à terme. Et en effet, supposons que Google, pour rentrer dans ses frais (exorbitants) de numérisation, nous demande de nous acquitter d'un péage pour accéder à cette demeure ?
Si bien sûr je préfère avoir accès librement à cette mine d'informations sans bourse délier plutôt que de m'acquitter d'un "droit de passage", je suis toutefois consciente - pour avoir passé un nombre incalculable d'heures chez des bouquinistes à rechercher la perle rare(1) - du progrès que constitue le travail de Google, et même s'il fallait payer (comme c'est déjà le cas pour nombre d'articles de recherche) l'accès à ces livres, je paierais sans regrets (à supposer qu'on ne me facture pas la lecture au prix du livre). D'autant plus que, comme le souligne l'article de Libé, il n'existe à ce jour pas d'alternative au travail de Google. La BNF, en huit ans, n'a réussi à numériser "que" 800 000 ouvrages sur les 13 millions de ses collections.
Alors, créer, en partenariat avec Google, un Fonds Mondial de Lecture Gratuite financé en partie par les Etats ? Bingo, tout le monde y trouverait son compte. Google, par le prestige (et la pub), les Grandes Bibliothèques, dont l'objectif devrait être, au même titre que la conservation, la diffusion des livres, et les lecteurs, surtout les lecteurs...

(1) J'ai d'ailleurs lu, dans un ouvrage numérisé par Google, l'amusante mésaventure d'un bibilophile dans une vente aux enchères que j'essaierai de vous retrouver.

Post Note : On n'arrête pas le progrès, j'ai trouvé hier chez Gutenberg (l'équivalent de numérisation des ouvrages européen) la traduction en anglais, quasi intégrale, du Dictionnaire Philosophique ! I quit my hat, joli boulot.

Posté par Marie Fox à 09:27 - A lire - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

jeudi 27 août 2009

Les grands (plus) de ce monde...

Au cimetière des Rois, en plein coeur de Genève,
016
La stèle de Calvin, gravée de ses seules initiales,

022
et pas très loin de là, celle de Bautte sur laquelle on peut lire "A J.F Bautte, l'Industrie Reconnaissante"

Toute l'histoire de Genève,ou presque, concentrée sur deux mètres carrés.

Posté par Marie Fox à 16:56 - épitaphes amusantes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

mercredi 26 août 2009

Prévert et son oiseau

To Paint the portrait of a bird

First paint a cage

Its  door open

Then paint inside

Something nice

Something easy

Something beautiful

And useful to the bird

Lean the painting against a tree

In a garden

A grove

Or a forest

Then hide yourself behind the tree

Silent and still

Sometimes the bird comes fast

Sometimes it takes him years

Be patient

Wait for years if needed

Success does not depend

On how fast the bird comes

When he does

Keep silent – completely

Wait till he steps inside the cage

Then close the door with your paintbrush

Rub out the bars

Take care, don’t rub any feather

Of the bird

Then paint the tree

Keep its nicest branch for the bird

Paint the green of the leaves

And the fresh of the wind

And the dust of the sun

The tiny noise of insects in the summer-hot grass

And wait to hear if the bird sings

If he doesn’t,

Its bad omen

Means that your painting is a fail

But if he does

It’s a good sign

Meaning you can sign the painting

So then pull out

One of the bird’s feather

Gently

And with it write your name

In a corner of the painting.


La suite logique, bien sûr, serait de traduire Barbara. Mais y'a dedans quelques vers en os majeur...

Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara

Vous avez une idée vous ?

Posté par Marie Fox à 19:33 - traduit d'ailleurs - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

Il semblerait

que ma boite à mail marche quand ça lui chante. Aussi ne vous offusquez pas de l'absence de réponse à vos éventuels messages, et refaites un essai, je ne les ai tout simplement pas eus !

Posté par Marie Fox à 09:46 - Comme je veux - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

Vénus et Saint Jean.

Nous connaissons tous la Vénus callypige, mais que faut-il penser - en termes d'étymologie - de Saint Jean Calybite ?
Hé bien pas du tout ce que vous croyez, et qui vous a fugitivement fait sourire. Le calybite, c'est un solitaire chrétien qui vit dans une hutte.
Mais l'un n'empêche pas l'autre, hein ?

Posté par Marie Fox à 08:01 - on s'en fout. - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

mardi 25 août 2009

Maurois Outremanche...

Morceaux (fort bien) choisis, sur l'Angleterre et les anglais, par un anglais, et en anglais, of course.

Posté par Marie Fox à 13:22 - A lire - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

La belle histoire de sainte ursule.

Bien, maintenant que tout le monde s'est copieusement esclaffé et que le silence est revenu dans les rangs, je vous raconte.

Ursule était une très belle princesse de Cornouailles, qui jadis consentit à épouser un roi des environs de Cologne à la condition expresse qu'elle se ferait accompagner dans son exil par onze caméristes vierges qui convoieraient, chacune sur leur bateau, mille autres vierges, histoire de ne pas arriver toute seule. Ainsi fut fait, et l'armée de pucelles débarqua à Cologne où l'on mena joyeuse vie pendant quelques années avant qu'Ursule ne décidât d'aller rendre au pape une visite de courtoisie.

Imaginez, le long des mauvaises routes d'alors, la fabuleuse cohorte de jeunes femmes insouciantes cheminant par petites étapes en papotant. Onze mille douze pucelles (ou presque, car l'on peut supposer qu'Ursule, pour le moins, ne l'était plus) se donnant le bras par paire, selon leurs affinités, Cordule et Antonine, Othille et Languide, Praxède et Vibrande, Panfrède et Sémibaire, bref, l'aller se passa sans incident notable, quelques sandales nikées sur les cailloux, quelques piqûres de guèpes pendant les pique-nique, pas de quoi gâcher véritablement leur plaisir.
C'est en revenant de Rome que les choses se gâtèrent. Nos malheureuses romipètes trouvèrent sur leur chemin un parti de Huns conduits par Attila soi-même, qui vit là l'occasion de munir d'épouses ses soldats, et jeta lui même son dévolu sur notre héroïne, qui comme bien l'on pense refusa tout net de se lier au féroce barbare, suivie dans sa résistance par ses copines horrifiées du sort qu'on leur voulait faire.
Malheureuses ! Les Huns, vexés comme des poux qu'on les refusât, massacrèrent sur le champ les pauvres filles, et les laissèrent en tas sur la route avant de retourner à leurs invasions.
Quand au 16ème siècle, on retrouva leurs ossements, il fut tout d'abord malaisé de reconnaitre les restes d'Ursule de ceux de ses compagnes, et l'identification de sa dépouille ne fut rendue possible que par l'intercession d'un pigeon qui plusieurs jours de suite revint à la même heure se poser sur la même tombe pour la signaler à l'attention des chercheurs.
On réussit enfin à identifier une quarantaine de demoiselles, dont les reliques furent expédiées pour y être vénérées dans les plus grands lieux de culte d'Europe. C'est ainsi qu'on put longtemps prier Sainte Société à Saint Maximin de Provence, Sainte Vincence à Marseille, et pas moins de vingt et un crânes dans les églises de Paris. On garda à Cologne, selon l'expression de Calvin, une "pleine charretée" de ces reliques, et les cinq ou six têtes de Sainte Ursule, soigneusement enchâssées dans des bustes d'or ou d'argent, et calotées de velours cramoisi, furent expédiées à Notre Dame de Paris, Saint Jean d'Angéli ou au Mont Serrat pour édifier les foules.
Bien sûr, il est difficile, en nos temps éclairés, de croire à l'authenticité de tant de crânes, voire à la légende des onze mille vierges. Dans son délicieux Dictionnaire Critique des Reliques et Images Miraculeuses, le sieur Collin de Plancy nous livre une explication au mystère.
Il est fort possible qu'une erreur d'interprétation et de traduction d'une inscription relative à ces onze mille vierges soit à l'origine de la légende. Dans l''inscription portée aux martyrologes - SS Ursula et undescimilla virgines martyres - les moines copistes prirent le prénom de la camériste d'Ursule, "'undescimilla" pour l'abréviation barbare de "undecim millia", faisant d'une vierge onze mille.
Allez savoir où est la vérité, quand il existe dix versions de la même histoire !

Posté par Marie Fox à 08:27 - on s'en fout. - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

Allez, comme je suis gentille,

Je vous raconte aussi l'histoire de ce chirurgien que l'évêque de Noailles chargea d'authentifier le prépuce du christ, auquel les femmes rendaient un culte de mauvais goût à l'église de Châlons sur Marne. Ce bon médicastre, ayant ouvert l'enveloppe de soie rouge qui abritait les restes saints, n'y trouva qu'un peu de poudre. L'ayant goûtée, il déclara qu'il ne s'agissait que de poussière de sable. L'évêque fit enlever la relique, et les bonnes gens de Châlons rebaptisèrent leur chirugien Croque Prépuce, quolibet innocent qui n'eut, heureusement, pas d'incidence notable sur sa pratique.

Posté par Marie Fox à 08:02 - on s'en fout. - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

lundi 24 août 2009

Coin français, oh yeah !

C'est le lundi du mois où Swans sort son coin français, avec dans ce numéro deux nouveaux contributeurs qui ne vous sont cependant pas inconnus. Le premier est M'sieur Houzeau, qui a eu la gentillesse de nous réserver une série de ses étonnants brefs, l'autre un lecteur de longue date de ce blog, j'ai nommé Xavier, qui nous cause des prophètes de Gaïa. Merci et bravo à eux, en espérant qu'ils renouvellent l'expérience !

Posté par Marie Fox à 08:25 - A lire - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

mardi 11 août 2009

Niquab, remarque en passant...

Paraît qu'il n'y a en France qu'environ 400 femmes qui s'enseveliraient sous des draps. Je dis pas non, mais enfin, si j'en croise moi une dizaine tous les jours - dans une ville très touristique, d'accord - m'est avis qu'en tout on est loin du compte.
Bon, simple observation en passant. En allant chercher mes clopes hier, je fends la foule agglutinée à ma porte - vu qu'à ma porte c'est très beau, et je croise une famille qui déambule en mangeant des glaces. Enfin, les deux petits garçons et le père mangent une glace, peinards. Derrière eux vient la mère (je suppose) qui, elle, se compare velu pour déguster son rafraîchissement. Elle a sa glace dans la main gauche, sa cuillère dans la droite, son sac à main pendu au poignet, comme vous et moi, en somme. Sauf que vous et moi n'avons pas devant la figure un long voile noir qui rend l'opération glace particulièrement galère. Essayez : vous piochez une cuillerée de glace dans le cornet de la main droite, de la gauche, toujours en maintenant le cornet bien droit, vous soulevez furtivement le voile (pas trop haut), puis vous glissez la cuillère par-dessous et retour, vous lâchez le voile, sans renverser la glace ni tacher le voile, et vous recommencez... Si comme tout individu moyennement adroit vous arrivez à peine à finir sans vous barbouiller le T-shirt, vous comprendrez quels trésors d'adresse il faut déployer, quand on porte un niquab, pour manger une glace sans s'en foutre jusqu'aux genoux ! Et encore, une glace, ça doit être jouable, mais un kebab ?

Posté par Marie Fox à 09:24 - Insignifiances - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3




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