vendredi 26 juin 2009
Burka, niquab, voile ou chapeau pointu.
On m’objectera, bien sûr, que la France est un pays laÏque, et que par conséquent nul n’est loisible d’afficher ses convictions religieuses hors son église… ouais, état laïque, il me semble bien que les écoles catholiques fonctionnent en partie sur les subsides de l’Etat. Il n'a curieusement jamais été question, il me semble, de légiférer sur le port de la kippa, pas plus que de la croix, catholique ou huguenote, – définitivement assumés comme un signe d’appartenance religieuse, et que personne ne viendra me chercher de poux s’il me prend la fantaisie de faire mes courses en robe de bure et silice, ou même en jupe plissée bleu marine et col claudine. Personne ne songera seulement que j'aie pu être contrainte de les arborer. La seule chose qui soit interdite, c'est de porter un masque quand c'est pas carnaval, ou une cagoule quand on manifeste. Le Canard relevait d'ailleurs cette semaine le cas de ces trois manifestants d'un Leclerc virés après qu'on les ait vus dans le journal brandir une pancarte (de mémoire, je l'ai pas sous la main) "Les salaires sont moins chers en moyenne chez Leclerc". Mais ça, c'est un autre débat.
La valeur essentielle d’une démocratie, c’est le respect de la liberté de chacun dans le cadre de lois faites pour tous. Qu’on fasse voter des textes réglementant les droits et devoirs d’une communauté particulière, qu’elle soit sociale ou religieuse, et l’on ne pourra plus prétendre au statut de démocratie. Les bonnes âmes ne manqueront pas de faire remarquer que c’est pas facile de se barrer et d’assumer toute seule les gosses. Non, être libre, c’est pas facile, mais c’est toujours possible. S’il faut agir pour protéger les plus faibles, faisons-le en aidant à l’insertion professionnelle des femmes, en leur garantissant un salaire égal à travail égal (on est toujours loin du compte), en créant (ouhouh ?) des places en crèche, et arrêtons cinq minutes de tortiller du cul pour chier droit.
jeudi 25 juin 2009
Les oeufs,
nous dit le dictionnaire des inventions de MM Noël, Carpentier et Puissant, sont destinés à la propagation des oiseaux... même en 1837, tu parles d'un scoop ! Ce délicieux, et souvent instructif ouvrage regorge hélas aussi de lieux communs, mais si élégamment tournés qu'on n'arrive pas à en vouloir à ses auteurs.
mercredi 24 juin 2009
Obituaire.
Mémoires de Bachaumont, Tome 2, 1782-1788.
Comment je t'entourlapoule(1).
Les Annales. 12 septembre 1915.
Le texte qui suit figure sur la gauche d'une page d'encarts publicitaires, mais présente toutes les apparences d'un article, ou d'un courrier des lecteurs... forcément appâtés par le titre et les premières lignes...
Ces C…. d’Allemands.
« Ils ont toute espèce de ruse » écrit un soldat. « La nuit, ils rampent sur le ventre comme des vipères et arrivent par surprise jusque sur nos tranchées »
Quelle tension de tous les sens ne faut-il pas à nos sentinelles pour prévenir semblables attaques ! Elles doivent être toujours aux aguets.
Après de telles épreuves,
comment l’organisme ne serait-il pas détraqué ! Et le meilleur moyen de le
rétablir est de commencer par bien faire dormir les soldats malades ou blessés.
Et pour cela, quel est le meilleur moyen ? Leur donner du Sirop Follet.
L’usage du Sirop Follet suffit, en effet, pour obtenir immédiatement un sommeil tranquille et pour procurer plusieurs heures de repos et de bien-être. Il calme en quelques minutes les douleurs (2), même les plus vives et les plus intolérables.
Le Sirop Follet est souverain
pour engourdir les violentes douleurs de la goutte et des rhumatismes, les
atroces souffrances des coliques hépatiques ou néphrétiques et les maladies du
foie ou des reins. Grâce à lui, les névralgies les plus douloureuses sont
calmées presque instantanément, quel qu’en soit le siège.
Le Sirop Folet est encore parfait pour calmer la toux, si violente qu’elle
soit.
Le flacon à 3 francs, en vente dans toutes les pharmacies.
Ca, c’est de la pub ! A trois francs le flacon de concentré de codéïne, on t’endort une nation pour vraiment pas cher.
(1) Celle là, elle est de Djamel Debbouze, qu'est vraiment doué pour ce genre de glissades.
(2) Calmer la douleur ou l'acclamer ?
mardi 23 juin 2009
Ce gai refrain qui nous anime...
Boris Vian : Mozart avec nous !
envoyé par sosthye. - Regardez la dernière sélection musicale.
lundi 22 juin 2009
Un journal, une époque...
J’ai récemment fait l’acquisition
dans une brocante et moyennant une somme tout à fait dérisoire de quelques
numéros des Annales Politiques et Littéraires (revue universelle paraissant le dimanche) de 1915 à 1918 à la
lecture desquels je me suis illico attelée, comme vous vous en doutez. Hé bien
je dois dire que ce qui m’a le plus marquée, dans ce savoureux journal sûrement
plus hebdomadaire qu’universel, c’est d’abord le compte rendu du procès du capitaine Hérail, jugé par les tribunaux militaires pour le meurtre de son odieuse et infortunée épouse qui faisait
qu’à l’étouffer sous les exigences d’une
affection égoïste, absorbante et jalouse … et ne pouvait supporter qu’il la
quittât… l’empêchait de se rendre aux manœuvres et le perdait aux yeux de ses
chefs. Le soldat fut acquitté, tant
il est vrai que pour porter dignement le
nom d’épouse, on doit soutenir, et non pas amollir celui qui combat, et l’exhorter
à bien mourir.
On taxerait peut-être à tort les juges d’indulgence. Car enfin on ne gagne pas une guerre en se laissant emmerder par d’effroyables petits monstres. Les femmes de soldats qui ont de la vertu envoient à leurs poilus, au lieu de les tyranniser, des colis de Beaume de Marche (trésor de nos soldats), de Savon Kenott (dentifrice essentiellement hygiénique et absolument français), de Solutions Pautauberge en tous genre censées protéger ou guérir les migraines, entérites, vertiges, dyspepsie, anémie, tuberculose ou indispositions nerveuses. Tout ce qu’il faut pour protéger son homme. Et quand l’amputation vient rendre supperfles les applications de corridice à la feuille de chêne, il reste encore la Jambe Natura (à flexion automatique, la plus légère), ou même, pour Messieurs les Officiers blessés ne pouvant momentanément se servir que d’un seul bras, la machine à écrire pliante (vente au comptant et par mensualités).
La dernière chose qui m’a amusée, c’est le nom du Rédacteur en Chef. Adolphe Brisson. Jamais entendu parler, alors j’ai cherché un peu. Critique dramatique, oncle de Pierre Brisson, qui deviendrait en 1934 le très remarqué directeur littéraire du Figaro où écrivaient, entre autres, Mauriac, ou Tristan Bernard.
jeudi 18 juin 2009
Fiacre.
Les fiacres, comme les carrosses, sont nés à Paris. On ne comptait, sous le règne de François 1er, que deux carrosses dans la capitale, celui de la reine et celui de Diane de France, fille illégitime d’Henri II. L’usage s’en répandit cependant si vite que dès 1563 le parlement demanda, sans succès, au roi Charles IX d’interdire leur usage en ville, tant ils embouteillaient les rues et provoquaient d’accidents. Les premières voitures publiques ne virent le jour que sous le règne de Louis XIV, sous l’impulsion d’un Monsieur Sauvage, qui donna le nom de l’Hôtel Saint Fiacre où il résidait à cette première entreprise de taxis. Les fiacres parisiens ne furent équipés de taximètres qu’en août 1904, afin d’empêcher les abus dont étaient coutumiers les cochers. Le mécanisme employé était d’ailleurs déjà connu des romains. Le taximètre était relié à l’une des roues du fiacre par un arbre de transmission qui, enregistrant le nombre de rotations de la roue, déclenchait tous les 400 mètres le rouage du taximètre qui affichait à chaque fois 10 centimes supplémentaires. Bien évidemment, si ce système limita les abus des cochers, il ne parvint pas à éradiquer les pratiques frauduleuses de la corporation des chauffeurs de taxi qui encore aujourd’hui sont réputés dégonfler légèrement les pneus de leur voiture pour faire plus de chiffre sur le kilométrage.
mardi 16 juin 2009
le lecteur de passage
sera sûrement ravi d'apprendre qu'on trouve chez l'Emile les termes salope, salopement, saloperie et salopette, mais pas le verbe saloper.
On trouve (ou pas) dans les dictionnaires des choses déroutantes
sou de cloche ?
Bien, visiblement, hors Alexis, vous vous moquez pas mal de mes devinettes. Pour Alex, donc, la réponse.
Sous la révolution, et plus précisément durant la terreur, on démonta les cloches des églises de Paris, qui trônaient pour certaines depuis sept siècles dans leur clocher, afin d'en refondre le métal pour en faire de la monnaie. Hélas, l'airain des cloches, alliage de cuivre, d'étain et d'argent, se prêtait mal à la frappe des pièces. Les essais furent lents et peu encourageants, mais le 18 septembre 1790, pourtant, on présenta à l'Assemblée les trois premières pièces - les trois premier sous de cloche - fabriquées par un mécanicien charpentier du nom de Boucault. Deux jours plus tard, le citoyen Pelletier, membre du collège de pharmacie, exposait un procédé qu'il venait de découvrir pour isoler le cuivre à la fusion, ce qui faciliterait grandement la manoeuvre. Il n'en fallut pas moins attendre les premiers mois de 1792 pour qu'on réussisse à frapper pour 15 millions de petite monnaie, qui fut presque aussitôt absorbée et supprimée de la circulation par les spéculateurs, et qu'on fut obligé de remplacer par de petites coupures d'assignats.
Précision utile, cent sous équivalent à peu près à 75 centimes d'euro, oui, je sais bien, on s'en fout.
lundi 15 juin 2009
devinette.
vous avez passé l'âge, sans doute, mais tant pis, je sais que vous au moins aurez la courtoisie de ne pas m'envoyer sans ménagements sur les roses, comme l'ont fait mes rejetons quand je leur ai demandé s'ils savaient ce qu'est "un sou de cloche". Alors, des zypothèses ?
Le gagnant remporte un lavabo en porcelaine, frais de port à sa charge.
PS à l'attention de Jacques, le poème du cochon est de Lachambaudie.


