mercredi 29 avril 2009
mercredi, des patates...
- On mange quoi ?
- Des patates.
- Hein, mais déjà hier, on a mangé des patates.
- Hé oui, Lundi, des patates, mardi, des patates, mercredi, des patates aussi...
- Oué, le problème, c'est qu'avec toi, faut chanter 2007, des patates, 2008, des patates, 2009, des patates aussi...
mardi 28 avril 2009
Être sur son trente-et-un
Se mettre sur son trente-et-un, c'est se mettre en grande toilette pour rendre une visite, assister à un baptême, à une noce, etc.
Trente-et-un ou trente-un est une corruption de trentain.
Au moyen âge, des règlements fort sévères punissaient, non-seulement les ouvriers qui avaient employé dans leur fabrication des matières premières avariées, mais encore ceux qui ne donnaient pas à leurs produits les formes et les dimensions requises. En ce qui concernait les tisserands en laine, ces règlements allaient jusqu'à fixer le nombre des fils dont devait se composer la trame. On trouve à ce sujet des détails curieux dans l'Histoire de l'industrie française, d'Alexis Monteil. Le collage de la chaine, le foulage, le foutrage, le soufrage, le calendrage, tout est prévu, sans oublier la longueur et la largeur de la pièce ; et le contrevenant pouvait être condamné, on certains cas, à avoir le poing coupé, « ce qui était bien fait, car les honnêtes tisserands voulaient conserver leurs deux mains. »
Suivant la qualité des draps, la trame devait se composer de quatorze cents ou de dix-huit cents fils. Pour le drap fin destiné aux vêtements de luxe, le nombre des fils était de trente fois cent fils; ce qui fit donner à ce drap le nom de trentain.
Porter du trentain était donc le fait d'un homme riche qui ne regardait pas aux dépenses de toilette.
Trentain, terme technique, se métamorphosa facilement en trente-un dans la bouche de ceux qui ne connaissaient pas l'origine de cette appellation ; et, comme l'usage a prévalu de dire trente-et-un, ces mots sont restés pour désigner une toilette soignée.
Dictionnaire des curieux, Ch FERRAND, 1880.
dimanche 26 avril 2009
Euphémisme.
"Nombre d'auteurs ont parlé du "patois" canadien. Or, il n'y a pas de patois chez nous; nous parlons le français, et nous le parlons mieux , aux intonations près, que Paris, qui a son argot, que la province, qui a ses patois. Ce qui nous manque, c'est l'articulation , l'accentuation nette, la conduite de la voix, la manière de dire, qui donnent à la langue française ce charme qui nous éblouit quand elle est parlée par "un Français de France".
Oscar Dunn.
mercredi 15 avril 2009
Maurice Druon est mort...
Il gardera toujours pour moi les flamboyances d'un Jean Piat tonitruant ses "Ma bonne Tante Mahaut", tous postillons au vent, et la dent carnassière...
Les rois maudits (2)
par RioBravo
jeudi 9 avril 2009
Des nuisances de voisinage.
J’entends les sceptiques subodorer qu’une éventuelle rivalité florale entre elle et moi pourrait jeter le voile de la jalousie sur mon jugement.
Hé mon Dieu non ! C’est simplement que cette surabondance de fleurs, ça attire les abeilles par paquets de douze, et que comme le mur de façade est myriadé de trous à cause de la négligence du syndic (en l’occurrence, Patrick), elles s’installent là en mini ruches, et que je peux plus poser mon cul à la fenêtre sans risquer la rivalité de territoire ! J’apprécie d’autant moins que j’ai récemment fait installer, à grands frais, une rambarde en fer à cette fenêtre pour me prémunir contre le risque de chute intempestive qui me guettait lorsqu’au cours d’une de mes somnolences, Patrick se mettait à souffler – sans sommation - dans un bombardon qu’il a dû faire tout seul, à mon avis, avec les restes d’un cor d’harmonie et d’un trombone à cou lisse que j’aurais dû faire interdire quand je tenais encore les rênes de cette copropriété. Enfin bon, que voulez-vous, je fais avec hein, je sais d’expérience qu’il faut éviter de se mettre mal avec le syndic en exercice…
lundi 6 avril 2009
Menteur, menteur ne trouve que malheur...
La formule est de celles qu'on entend dans les cours de récré, et c'est celle qui m'est venue ce matin à l'esprit en lisant les commentaires faits ici ou là sur la réforme du bac pro. "Il faut arrêter de se leurrer et devenir enfin conscient de l'imposture de ce bac. Les élèves qui le décrochent n'ont pas pour autant le niveau pour suivre en fac".
Ha bon ? Et si je vous disais moi que ce discours là n'est que foutaises et qu'on arrive toujours à suivre à la fac, ou ailleurs, quand on est MOTIVE.
Des gens qui ont décroché - très honorablement - leurs diplômes universitaires en sortant de bac Pro, ou de bac Techniques, effectivement très très light pour la culture générale ou les langues, j'en connais un paquet, à commencer par moi. D'où que c'est possible ? Hé bien, d'une, la culture générale, c'est une chose qui s'acquiert par la curiosité et la lecture, pas seulement par l'enseignement. D'une deuxième, on ignore souvent, entre quinze et dix-huit ans, la véritable nature de ses passions, qui ne se révèlent quelquefois qu'au contact de l'enseignement supérieur. D'une dernière, l'adolescence n'est pas la meilleure période d'une vie pour apprendre et souffrir. Il suffit souvent de peu de choses pour transformer une feignasse en un boulimique de la découverte, comme de lui livrer un savoir non édulcoré de difficulté pour lui donner tout drêt l'envie de savoir plus, mieux, plus loin. Alors de grâce, ne coupons pas l'herbe sous le pied des enfants. Les bacs pro ne sont rien d'autre qu'une passerelle pour ceux qui au collège sombrent dans le marasme, un moyen de leur permettre d'acquérir une formation pratique sans renoncer à certaines bases dans les matières dites générales. A son tour, le bac pro doit servir de passerelle pour ceux qui, à l'issue de leurs années de lycée se réveillent de leur léthargie et se découvrent des envies d'aller voir plus loin, au prix certes de beaucoup de travail et de constance, et puis alors ?
Je vais vous faire une confidence. Lors de ma première année de fac, en septembre, un prof de traduction a effectué dans l'amphi un petit sondage sur les types de bac représentés dans l'arène. 90 % des étudiants présents venaient de bacs littéraires, les quasi 10% restants de bacs éco ou divers, tous généraux. Le prof fit ses calculs, et tiqua. Il me manque quelqu'un ! Qui a un bac autre que général ?
Je levai la main, un peu honteuse. Si je n'avais pas répondu à son comptage, c'est qu'il n'avait même pas proposé dans sa liste le bac dont j'étais titulaire. Techniques du Secrétariat.
Hé bien, je vous le dis, pour votre gouverne seulement, vous pouvez prendre vos affaires et aller voir ailleurs, vous n'y arriverez pas ici. me balança le monsieur devant les 400 étudiants rassemblés dans l'amphi.
Je suis une fille tenace. J'aime pas qu'on me dise ce que je suis capable ou incapable de faire. J'ai fermé ma gueule, et je suis restée.
Quatre ans plus tard, en maîtrise, nous n'étions plus que 40, et en traduction, au moins, j'étais la meilleure. Mention Bien ou Très bien aux quatre épreuves de Thème et de Version - et sans me tuer au travail.
Chéri, lui, avec un bac de dessin industriel, a même décroché, brillament, un doctorat d'économie du développement.
Des exemples comme ceux là, j'en connais plein, alors cessons de dire aux gens ce qu'ils sont capables, ou incapables de mener à bien, et laissons-leur le temps de grandir en empruntant les routes qui leur siéent.
Ca y est !
Il est arrivé ! Quoi donc ? Mais, le Swans en français, of course !
Ce premier numéro n'est bien sûr qu'un début, y'en aura un nouveau tous les mois. N'hésitez pas à envoyer vos courriers à l'Editeur pour lui dire how much you enjoyed !
dimanche 5 avril 2009
Tenez, rien que ce vers...
Les siestes lourdes procurent des rêves d'un lyrisme mafflu!
C'est d'Orlando of course, et c'est l'une des raisons qui font que même quand il devient rinme(1) et qu'il argagne(2) comme pas permis, je l'aime bien.
(1) Régionalisme, synonyme de moëner ou ruler, autres régionalismes. Je suis désolée, je trouve pas d'équivalent français.
(2) Toujours des montagnes, signifie harceler, un peu comme de faire le tavan dans le sud.
Unbelievabeul.
Haaaa ! Haa ? Mais y zont changé la balance ! Ben fieu dis ‘oir, c’est une toute belle qu’y nous zont mis(e) là ! Si, acier brossé, look sobre et fonctionnel, tellement élégante que je ne résiste pas au plaisir de la caresser doucement de l'index. Allez hop j’y pose les pommes en premier. Et que je vois-je pas sous mes yeux ébahis ? Je vois-je des pommes dessinées sur l’écran – mais pas n’importes quelles pommes, des Starsky et Hutch, comme celles qui sont dans mon sac. Vertes et acides, du genre qui t’arrache la gueule quand tu mords dedans, indispensables au jeu du tour du monde(1).
Quand même, ça m’interpelle, hein. Mais bon, je colle mon ticket sur le sac de pommes, et je passe aux aubergines. Hop, là, voilà. Mais c’est pas vrai ?
Je jette un coup d’œil alentour, la probabilité de caméra cachée me paraissant plus élevée que celles que la balance ait sélectionné les aubergines SANS QUE JE TOUCHE A RIEN. Vous avouerez que c’est un peu fort. D’autant que je me rends compte, au même instant, qu’elle a cette fois présélectionné dans le bas de l’écran « Tomates rondes » « courgette » et « poivron vert ».
Là je vacille, parce que c’est exactement ce que j’ai à la main. Non seulement la balance sait reconnaître une aubergine seulement à la texture à travers le sac plastique, mais elle sait aussi que j’ai prévu une ratatouille, elle a même pas hésité sur la variété de tomates. ...!!
Bon. Une mamie patiente derrière moi, je lui cède la place – médusée.
- Ha, ben y zont changé la balance, dites, comment ça marche ? me demande mamie.
- Ben vous posez les bananes sur le plateau, et après ça marche tout
seul.
Hop, mamie pose les bananes. L’écran affiche, dans deux fenêtres, le choix « fruits » ou « légumes ».
Merdalors. Ben pourquoi ça dit pas banane ? Non mais sérieux, c’est quoi ce délire ?
Je sélectionne "fruits" puis "bananes" sur l’écran tactile, bouton vert, hop, mamie se barre.
Faut que je sache, hein, sinon sûr que ça va m’empêcher de dormir. Je vais chercher deux bananes et je les pose sur le plateau.
Bananes.
Se fout de ma gueule cette machine ?
Bon, j’ai rien dit, hein, que voulez vous dire à ça, et à qui ?
Hier matin, je retourne au prisu. A la balance, y’a un monsieur avant moi. Il pose ses poireaux sur le plateau, et se trouve directement dans le menu légumes où il sélectionne les poireaux et me laisse la place.
Légèrement hésitante, je dépose mon sac de carottes.
Carottes.
Bon.Notez, je m'y attendais un peu.
Elle a tout reconnu du premier coup. Bananes, courgettes, pommes, poireaux, même que j’alterne insidieusement fruits et légumes pour tenter de la dérouter.
J’ai fini mes courses, et je suis repassée vers la balance en allant à la caisse. Y’avait cette fois une fille d’une vingtaine d’années dont les traits affichaient une complète incrédulité.
Ha, donc, y’a pas qu’avec moi, hein.
A la caisse, je suis tombée sur une caissière qu’on s’aime bien même si on se connaît pas beaucoup. Du coup, je lui ai demandé.
- Dites,
la nouvelle balance aux légumes, c’est quoi ce truc ?
Elle a levé les yeux de son scan et m’a répondu
- Ha, avec vous aussi elle fait des trucs déments ?Je comprends
pas, y’a des tas de fois où elle marche normalement, et puis avec certains
clients, elle devine. Et ce qui me surprend, c’est que c’est toujours avec le même
genre de gens ?
- Ha bon, quel genre de gens ?
- Ben, les gens bizarres, hein, forcément !
Y’a pas. Demain j’y retourne, faudra bien que je comprenne, sinon, je vais devenir franc cinglée !
(1) Non ? Vous connaissez pas le jeu du tour du monde ?
samedi 4 avril 2009
Polésie de saison.
C’est l’heure où les fenêtres reflètent extra muros des perspectives internes aux teintes miel de bois. Côté jardin c’est presque - très-bientôt, quasi déjà fleuri de bourgeons en patience.
Côté cour, on s’en fout, c’est bougon, c’est brouillon, acariâtre et grognard… occultons, éclipsons, ouatons, travestissons, semons-y des fanfares qui joueront des bastringues sitôt que le soleil repointera son nez, et des essences rares aux noms plante-orthographe, mais qui sentent si bon qu’on croirait des lilas.
Côté jardin encore, sur le noir du rempart et de la tour d’ardoise, le soleil vient jouer l’air des sphères flamboyantes et frôler de violets et de velours rosats les fleurs bleu-bête dressées dans leur jardinière blanche pour mieux voir son coucher avant de se plier bien rangées pour la nuit.



