Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

mercredi 7 mai 2008

Tongueish.

Nous demandions voici quelques jours à nos lecteurs si l’un d’entre eux connaissait la signification du mot – que nous présumions à tort celtique, tongueish.

Le mystère est élucidé. Lasse de chercher en vain, je me résolus à demander par mail la clé de l’énigme à l’auteur du texte dans lequel je l’avais trouvé.

Lequel auteur me répondit dans un premier temps que ça ne lui disait rien, et que ça ressemblait à un néologisme à la con, et que si je pouvais préciser le contexte, alors peut-être…

Le zygomatique légèrement crispé, je renvoyai au monsieur la phrase dans laquelle j’avais trouvé le mot, assortie des références de son bouquin.

La réponse ne se fit guère attendre.

Mais oui, c’est l’un de ces brillants et éloquents néologismes, tiré du nom tongue et du suffixe ish. Qui a la consistance d’une langue. Suis-je créatif, hein ?

Oui, mais le néologisme équivalent en français, vous l’avez-vous ?

Langueux, pas joli.

Languesque, c’est mieux, mais ça évoque la forme plutôt que la consistance, ou la sensation de toucher.

Alors quoi merde ? On va s’en sortir ou pas ?

Posté par Marie Fox à 17:11 - Intermédiaire chercheurs curieux - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le nouveau facteur.

En dix huit mois, y’a quand même eu quelques changements à Providence, et notamment, un changement de facteur. Nous avons fait connaissance tous les deux ce matin. Son accent dénonce le Tunisien à cent pas, avec des voyelles pas tout à fait claires, et une prosodie définitivement pas savoyarde. Quand je suis arrivée sur le pas de la porte, il venait de faire tomber une enveloppe qu’il a ramassée en disant ha Sibastien, t’es ramolli mon vieux !

Moi, sûr, étonnée, je lui demande Vous vous appelez Sébastien ?

Oui, comme le Saint Sébastien, qu’il me répond espiègle. Ci ma mère. Mon père il voulait que je m’appelle Sofiane, mais ma mère elle a dit non, faut un nom français pour l’école c’est mieux. Alors je m’appelle Sébastien. Et vous c’est Marie hein, comme la Sainte pipelette. Riez pas, j’en connais des Marie, elles sont sympa, serviables et tout, mais jamais elles la ferment.

J’ai pas nié, hein, il a raison, jamais je la ferme, même quand y’a personne pour me répondre.

Bon, qu’il m’a dit en partant, pour tous les tas de recommandés que vous avez tout le temps, je vous les monterai maintenant, pas la peine de vous faire courir à la poste tous les jours. Mais je fais qu’avec les dames gentilles, les autres, je mets dans la boite et ci tout.

J’y ai dit merci bien, à demain alors. Y me plaît bien, le nouveau facteur. L’ancien qui m’appelait gente dame est parti à la retraite. Fin d’une époque, maintenant, je serai sainte pipelette, mais je sens que je m’y ferai vite…

Posté par Marie Fox à 11:05 - Insignifiances - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Polésie encore plus débile que d'habitude.

A valser inégales dans les bras de l’ennui on finit toutes obèses d’un chagrin militant. Un deux trois, un deux trois, j’y vais, dis ? J’y vais pas, ou bien j’irai peut-être, si la confiance me vient comme la moutarde au nez, comme le mou tard honni, comme la peur au ventre et le frais dans le vent.

A valser inégales dans les bras d’autres vies, on oublie nos envies et nos dévies d’avant, quand on avait des couettes et des souliers vernis, quand on rêvait de cirque et de tambours qui roulent pour nous dire attention à la péripétie. On s’écarte, inégales, des bras de nos envies pour finir sur le banc d’un espace public où y’a plus rien de nous, que des esquisses floues aux nuages du temps, qui dessinent à peine des destins écartés, des conditions passées, ratées –définitivement, d’un aurait pu, peut-être, ou bien alors demain, quand on aura des dents.

Posté par Marie Fox à 07:22 - polésie débile - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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