samedi 15 mars 2008
I really
want you, really do
Really neeeeed yo, baby, God knowws I do
Gnagnagnagnagwithout you
Oh, what can I do.
Ta tatataa
tatatatata
You make me reaaal, you make me feeeeelo
Like lovers feel.
You make me throw away gnagnagna misery
Bon, vous savez quoi ? après des dizaines de tentatives avortées et deux semaines d’acharnement comptable, mes comptes fournisseur, copropriétaires et banque de Providence tombent juste à la virgule près. J’ai même le bonheur d’avoir un bilan positif de 2506 euros. C’est pas beau ça ? Bon, après il me reste encore la compta du compte courrant, celle-là c’était que pour le compte travaux.
Et aussi, j’ai fini de nettoyer les murs en pierre des couloirs et des escaliers. J’ai même appris de Gérard, qui le tient d’un géologue que les pierres de taille de nos murs viennent d’une carrière de corail fossilisé des environs de Rumilly. Balaise hein, une baraque en corail fossilisé. Enfin, quand on le voit. Parce que quand Laurent-le-charpentier a changé les poutres de bois de l’immeuble, il a libéré des tonnes de marin. Le marin, c’est un mélange de poussière de bois brûlé et de cailloux qu’on tassait jadis en couches de trente centimètres entre les étages pour servir de pare-feu. Quand un plafond cramait, le mélange tombait sur le feu, et avec du bol, ça l’éteignait. Comme la poussière est très fine, presque impalpable, elle s’est déposée partout. En mai-juin, ça a été l’horreur pour nos voisins. Ils en ont respiré pendant deux mois. Quand j’allais voir Laurent, je savais dans quelle cave il travaillait rien qu’au nuage de tchernobyl dehors. La première fois, j’ai essayé de rentrer, mais j’ai pas pu, je voyais rien. Il a émergé de là-dedans à tâtons, un masque sur la figure, et il a enlevé ses lunettes complètement recouvertes de gris. C’est pendant ces périodes là qu’il m’a pété un plomb. Tout seul toute la journée là-dedans, à bouffer de la suie par 35°, il a fini par exploser pour une broutille en me demandant ce qu’il foutait là, et pourquoi il faisait ça.
Moi, je savais depuis longtemps, c’est parce que les amoureux de vieille pierres peuvent pas résister à cette Providence-là.
Cette semaine c’était mon tour de respirer le marin, incrusté dans les jointures des pierres, impossible à aspirer sur une surface aussi poreuse. Faut brosser transversalement, et gagner peu à peu du terrain jusqu’à ce que tout se dépose par terre, sur le jean, les baskets qui sont bonnes à jeter, dans les fibres du pull, sous les paupières, dans les cheveux, et après seulement aspirer tout doucement, et respirer un coup. Demain, je vais recommencer avec une brosse dure et du savon. Finalement, j’ai adoré ça. Sans rire, je suis sûre qu’on ressent la même chose quand on étrille un cheval qu’on aime. Presque sûre, parce qu’en fait mes interactions avec la gent équine se limitent au strict minimum depuis que je me suis fait deux monstres ampoules au cul à ma seule tentative de promenade à cheval. Ca me rappelle que j’ai un article à rédiger dans la rubrique équarrissage, mais pas tout de suite. Pour le moment, je vais profiter que je suis peinarde à la maison, que ma compta est juste et mes pierres propres pour laver la pile de pantalons dégueu en écoutant les Doors à fond.


