Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

mercredi 20 février 2008

Le bonheur, mode d'emploi.

Y’a des cruautés nécessaires, des gestures de garde-soi. Crever les yeux d’un rossignol pour qu’il nous chante en plein midi, c’est guère plus dur que d’écraser l’œuf d’un pigeon sous le talon. C’est, comme on dit, l’affaire d’un quart d’heure, et peut-être même pas. Suffit de bien le maintenir de la senestre appuyé sur un tabouret en lui coinçant le cou avec un pouce en fer. De la dextre on se saisira d’une longue aiguille à tapisser que l’on appuiera sans trembler en plein centre du bouton noir. Une fois, deux fois, et c’en est fait d’un nocturne un intarissable en plein soleil ou sous la pluie. Le bonheur tient à peu de chose quand on sait molester ses facteurs. Et si le chant du rossignol ne suffit pas à nous égayer l’âme, on peut essayer autre chose. Pousser les pédants sous les trains, siffler merde à la boulangère, ou brosser au pinceau les ailes d’un papillon pour le voir se noyer dans une goutte d’eau. Y’a pas plus simple, vraiment, que d’être heureux, quand on sait les bons gestes.

 

(être capable d’écrire de pareilles horreurs au petit déjeuner, c’est grave docteur ?)

Posté par Marie Fox à 08:28 - polésie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

Commentaires

A ma décharge, je dois dire que j'ai lu, quand j'étais fort môme, que les belles dames achetaient autrefois des rossignols auxquels on crevait les yeux pour qu'ils chantent même le jour. L'histoire m'avait si fortement marquée que j'en rêve encore quelquefois.

Posté par marie, mercredi 20 février 2008 à 08:32

On fait ça aux oies aussi, pour qu'elle ne stressent pas quand on les gave de force: faut pas qu'elles abiment leur foie ces connes!

Posté par Chris, mercredi 20 février 2008 à 08:42

ben voilà un rêve que je n'avais pas et qui va rejoindre la liste de mes hantises...
Sinon, félicitations pour la sortie de Rugbyman !

Posté par Marie, mercredi 20 février 2008 à 08:57

Mufff comme rêve je préfère celui de Colette, qui faisait chanter si fort et si longtemps et avec tant d'application son rossignol que les vrilles de la vigne l'emprisonnaient vivaient, tortillées autour de ses pattes fines. Voir l'ouvrage éponyme

Posté par Marie-Laetitia, jeudi 21 février 2008 à 13:59

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=378402&pid=8023600

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :