jeudi 14 février 2008
Contretemps.
Quand on vise l’horizon, il faut fermer l’œil gauche et se choisir, avant toute chose, un moyen de locomotion. A dos de grenouille, par hélicitraction, où même à croupetons quand on est pas pressé. Le mieux, de l’avis des voyageurs-nés, c’est à vol d’imagination. Paraît que c’est ainsi qu’on discerne au plus près le cercle concentrique qui enferme le tout. Mais les naturalistes s’insurgent à cette idée. Ils prétendent que ce cercle ne serait qu’une ellipse, défendent l’explétif au nom de l’explicuit, que rien n’est pas si simple et tout à renseigner. Alors, que faut-il faire, et choisir en quel nom ? Et si dans nos valises y’avait pas autre chose qu’une poudre d’illusion ? Il faut pourtant qu’on vise, dans l’angle à horizon, ce qu’on ne peut atteindre par simple observation. Faudrait fermer les yeux, peut-être, et flécher nos parcours en jetant au hasard de cartes compassées des oiseaux mellifiques qui planteraient leur bec là où on veut aller, inobjectivement.


