Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

mardi 12 février 2008

Odeurs d'écurie.

On est mardi, et comme chaque mardi depuis le mois d’avril de l’année dernière, j’ai une réunion de chantier à Providence. Y’en a eu des difficiles, d’autres marrantes, y’a même eu une fois où, à bout d’espoir et de patience, je suis allée chialer derrière un tas de gravats. Mais l’un dans l’autre, semaine après semaine, on arrive à remettre cette putain de baraque debout. Ceux d’entre vous qui suivent assidûment savent que nous n’y sommes arrivés que parce que j’ai fini par dénicher une subvention assez conséquente pour nous éviter à tous la ruine. Aux bureaux de l’anah même, on m’avait répondu que je me trompais, que rien n’était possible, et il avait fallu un bon mois de bataille pour obtenir le formulaire congruent, et des efforts conséquents pour arriver à monter le dossier.

Nantie de l’assurance qu’on nous reverserait bien 50% du montant HT des travaux, je dormais depuis quelques temps sur mes deux oreilles. Las, voilà deux mois, un premier mail de l’anah venait mettre d’inopportunes restrictions à mes certitudes. C’est que les bougres avaient découvert le montant de l’addition (mais à quoi s’attendaient-ils donc ? on refait un immeuble sacrebleu !) et renâclaient à aligner un pognon qui d’ailleurs n’est pas le leur. Je repiochai donc dans les directives diverses et variées de leurs services, démontrai, textes à l’appui, que de restrictions, point, et fournis une attestation chiffrée de mon maître d’œuvre pour appuyer ma demande.

Un autre mail, hier, m’informait de la présence aujourd'hui sur le chantier d’un employé de l’anah qui désire visiter le chantier, et s’assurer, si j’ai bien compris l’allusion, que je ne me sers pas du pognon de l’état à mon bénéfice exclusif. D’un côté, je comprends la démarche. Moi non plus je ne verserais pas 100 000 euros sans garantie. Mais d’un autre, je me demande comment je vais mener la visite, et démontrer ma bonne foi. Va-t-il falloir que je produise les anciens plans de chaque appartement et les nouveaux, et, devis à l’appui, que je fasse la preuve pour chaque mètre de cloison ou de tuyauterie, que seule la restauration du pré-existant est financée par la copropriété, chaque copropriétaire ayant pris à sa charge les améliorations, ou une visite sommaire suffira-t-elle à convaincre mon inspecteur que l’ampleur des réparations demandées justifie à elle seule la somme ?

Sans compter que la chance qui nous accompagnait depuis un an avec une rare constance semble vouloir se désintéresser de notre devenir, et que depuis quelques semaines, de coûteuses merdouilles s’accumulent, juste au moment où je suis définitivement en bout de budget, à bout de patience aussi.

Bref, me voilà partie ce matin pour une réunion de quatre heures de haute voltige, sans avoir droit à une minute de déconcentration, parce que si je plante cette subvention maintenant, c’est sûr, c’est le lynchage qui m’attend.

Drôle de Providence que la tienne, m’a dit un jour mon charpentier. Ouais, drôle de Providence. Tiens, si j’ai cinq minutes, je ferai des photos, pour vous montrer.

Posté par Marie Fox à 08:35 - Insignifiances - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

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