dimanche 27 janvier 2008
Vocabulaire de la mathématique
Haïssons les axiomes, conchions les postulats, topologie grossière d’ensembles sous triviaux. La linéarité doit être canonique, l’intensité a-proportionelle au vecteur, et l’invariant scalaire. Le point méplat est singulier, quand et seulement si la dérivation est holomorphe, entière et bien ouverte. L’hyperbole est continuum, l’ellipse dégénérée, presque partout, à quelque chose près. Quand les Galois sont abéliens, l’abstract nonsense qualitatif, que le dénominateur est affine, alors on a CQFD.
Squia oura.
C’est difficile de voir des
écureuils. Pas de les apercevoir, tache fauve oblongue se faufilant en bord de
route pour gagner en trois bonds l’abri des arbres, mais de les voir vraiment,
de les regarder même. C’est rare, faut qu’ils veuillent bien, comme ce matin.
Partie chercher le pain du petit déj sur le coup de huit heures après avoir
gratouillé le strict indispensable de glace au pare-brise, je les ai vus de
loin qui jouaient sur la route. J’ai ralenti, ralenti, ralenti, pour bien
attraper l’éphémère, et rien. Pas bougé, ou presque. Le moins téméraire des
deux a fait repli à la limite du goudron, l’autre a levé la tête et toisé mon
auto qui s’était arrêtée à force de ralentir. Ca a duré une bonne minute de
silence, il a joué avec la noix qui traînait là comme un chien avec une
pantoufle domestique, et puis cédant aux injonctions de son copain inquiet qui
lui couinait des grouille-toi étranglés, il est parti à petits bonds. Alors j’ai
reparti aussi, en souriant comme une imbécile.
samedi 26 janvier 2008
Bouffon toi même.
Une de mes copines qui s’interroge trop se prend le chou avec le sens du style. Littéraire s’entend. Pas que je sois qualifiée pour causer – puisque je suis pas prof – mais bon, je l’ai envoyée lire Buffon. Je l’aime beaucoup son Discours sur le style, et même si je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’il dit[1], j’abonde pour l’essentiel.
Donc, Buffon a raison, Le style, c’est l’homme même.
D’ailleurs, maintenant que j’y songe, j’avais offert une copie de ce texte à un monsieur qui m’est proche, qui me fait des fois penser un peu à Buffon soi-même, et qui écrit beaucoup. Ce genre de petits conseils sur l’art de rédiger, donnés par un confrère – même trois cent ans après, c’est toujours mieux accepté que d’une comptable.
Bref, il fut tant et si bien enthousiasmé, qu’il en distribua copie à ses étudiants et collègues (qui sont pour l’essentiel, entre nous soit dit, des normopathes de la syntaxe) afin de leur faire partager son élan.
Boh, il était revenu légèrement dépité, parce qu’un de ses copains l’avait rebaptisé Bouffon. Mais n’empêche que maintenant il fait vachement gaffe au scrupule dans le choix des expressions, et ses bidouillages en sont d’autant plus savoureux.
[1] Si l'on y joint encore de la défiance pour son premier mouvement, du mépris pour tout ce qui n'est que brillant et une répugnance constante pour l'équivoque et la plaisanterie, le style aura de la gravité, il aura même de la majesté. Là, par exemple.
Ho Lord.
Chonchon vient de m'envoyer ça, là
http://fr.youtube.com/watch?v=so2KB-O9wNw
Je suis (inégalement) partagée entre l'hilarité et la consternation.
jeudi 24 janvier 2008
y'a des verres qui se perdent.
Y’a des verres qui se perdent, et c’est bien malheureux. C’est pour ça que chaque soir, à l’heure où chuis vivant, j’honore Bacchus avec modération (qu’est une chieuse de première, comme toutes les espagnoles qu’ont des noms à la con). Je sors un joli verre à facettes taillées, je caresse son pied pour qu’il ronronne un peu, j’indexe l’arrondi, lui chatouille la tranche, et puis je bois dedans d’un petit vin blanc doux, de Bergerac voyons, et quand il est fini, après deux cigarettes, je le penchouille bien pour la dernière goutte, et puis m’en revais - à des domestiques probables ou des fandangos silencieux, c’est suivant comment on regarde.
Misère de misère.
Pourquoi que les mômes vous regardent toujours comme si vous étiez un plat d’épinards quand vous leur expliquez l’expression de la durée en anglais ?
Bordel de sacrebleu, on fait pas plus simple :
Durée + présent en Français : present perfect.
Durée + imparfait en Français : plue perfect.
Il dort depuis deux heures, he has been
sleeping for two hours.
Il dormait depuis deux heures, he had been
sleeping for two hours.
Depuis quand qu’il dort, how long has he been
sleeping.
Depuis quand qu’il dormait, how long had he
been sleeping.
Où qu’il est le problème bordel, y’a une lettre qui change, et tous les indices marqués au fer rouge en Français.
mercredi 23 janvier 2008
Fatal Sock.
- Marie…
C’est ma Virgule qui se tient devant moi avec des airs d’accablement matinal.
- C’est quoi le problème ?
- Y’a une faute d’orthographe sur mes nouvelles chaussettes.
- Merdalors, t’es sûr ?
- Ben, regarde.
Je soulève son pied gauche, tords un peu sa cheville vers l’intérieur, et consterne moi aussi. Le bougre à raison, ils ont écrit sur les chaussettes Viens dans mon cam.
- Ah ben oui t’as raison. Mais c’est pas grave, y’a ton pantalon par-dessus.
- Ah oui ? Tu vas pas les rendre ?
- Non, je vais pas les rendre.
- OK, la prochaine fois que j’écrirai un truc avec une faute, je foutrai mon pantalon par-dessus, et faudra pas venir me faire des remarques !
Ois donc !
C’est l’air nouveau qui souffle, ois donc ! Ca sent la peinturlure et puis l’énervement des vieilles Providences qui sentent l'odeur de leur résurrection. A l’œil, ça semble encore une fête foraine qui déballe ses cartons, et à l’oreille, ça sonne l’accord bâtard d’une montagne russe qu’a poussé à l’envers. Accordons nos guitares à l’ambiance festive, c’est Pâques et Noël à la fois, et bientôt au matin on entendra la cloche un peu grêle du couvent qui dit c’est sept heures vingt, cavalez à vos postes. Cartables au dos pour vous, et pour moi la fenêtre et la tasse en fer blanc, et l’odeur du lilas dans l’air nouveau qui souffle. Ois donc, ça sent l’énervement des résurrections proches !
lundi 21 janvier 2008
Ecoutez donc... (et c'est pas ça qui va vous donner de l'élan)
(avec la mùsica c'est juste en dessous...)
Lay your head where my heart used to be
Hold the earth above me
Lay down in the green grass
Remember when you loved me
Come closer don't be shy
Stand beneath a rainy sky
The moon is over the rise
Think of me as a train goes by
Clear the thistles and brambles
Whistle 'Didn't He Ramble'
Now there's a bubble of me
And it's floating in thee
Stand in the shade of me
Things are now made of me
The weather vane will say...
It smells like rain today
God took the stars and he tossed 'em
Can't tell the birds from the blossoms
You'll never be free of me
He'll make a tree from me
Don't say good bye to me
Describe the sky to me
And if the sky falls, mark my words
We'll catch mocking birds
Lay your head where my heart used to be
Hold the earth above me
Lay down in the green grass
Remember when you loved me