samedi 29 décembre 2007
Fabliau
Un aventurier de petite morale voulait pour lui un castelet. Il haranguait des gueux pour qu’ils aillent, à ses ordres prendre pour son profit le bien qu’il convoitait.
Vous laisserez vous donc dépouiller jusqu’à la fin des
temps ?
Laisserez-vous vos filles, vos femmes et vos juments
Soumises au droit du maître
Et vous assujettis à des butors bien nés ?
Concèderez-vous bien pour vingt lustres encor (1)
Le dix mille et le cent de vos épis de blé ?(2)
Portez-moi sur le trône de cet inepte cuistre
Je vous délivrerai.
Gaillardement,
Hardi, Hardi !
Courez sus à la forteresse!
Ne craignez point
Vainquez sans plus surseoir !
Admettons.
Courons sus, comme vous dites.
Qui nous garantira que le joug soit moins lourd (3)
L’impôt moindre, et le dépucelage de nos filles pour nous ?
Une fois qu’on vous aura fait maître,
N’oublierez-vous donc point
Que vous fûtes hier presque aussi peu que nous ?
Un gueux peut s’exprimer, occasionnellement, d’élégante façon, il n’en reste pas moins peu rompu aux effets de la rhétorique.
Et tu me dis « Vous fûtes ? »
N’as-tu pas par là, dis, viendu de reconnaître
Que je suis plus que vous ?
Allons donc, doutes-tu ?si tu m’épouses en armes
Je te fais lieutenant, si tu veux tout de suite.
Tu guideras l’assaut, et je te laisse 10% sur la valeur hors
taxe de l’argenterie du château.
L’auteur ne prétend pas à une conclusion morale.
Et pour les notes, pour une fois, je vous laisse l'initiative.
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=378402&pid=7380609
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :



