Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

vendredi 30 novembre 2007

Intermédiaire Chercheurs Curieux.

Ouah, ça marche !  Alex vient de me proposer une explication qui tient fort bien la route pour les pélins de calcutta. youpee. Merci Alex, et transmets mes remerciements à ton érudit, le lien que tu m'as laissé marche pas !

Posté par Marie Fox à 14:36 - Intermédiaire chercheurs curieux - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Voyoucratie.

Ben oui. C’est comme ça. N’allons pas croire surtout que notre président l’a forgé tout seul cette semaine comme un grand. Non, le terme est attesté depuis 1872, et n’est qu’une variante de celui de canaillocratie, attesté lui depuis 1793, et qui figure d’ailleurs au Littré.

Je suis pas spécialiste, ni de l’histoire, ni de la lexicographie, ni des liens qui unissent ces deux domaines. Mais quand même, 1793 et 1872, c’est pas des dates complètement innocentes hein[1]. Mises en perspective de l’éclosion des deux termes que nous venons d’évoquer, ça pourrait peut-être donner à penser des choses intéressantes. Du moins, à l’intellocratie. Pourquoi moi, je vous l’ai dit, je suis pas compétente. Mais au moins, si notre histoire doit s’emballer comme aux deux périodes sus-évoquées, cherchons nous un terme qui signe son siècle. Racaillocratie, par exemple…


 

[1] Et d’ailleurs, les évènements de ces années-là avaient-ils un quelconque rapport avec le « contexte social » ?

Posté par Marie Fox à 13:45 - Comme je veux - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 29 novembre 2007

Comment se faire des ennemis dans l’Education Nationale.

 L’une de mes copines est instit. Vous aussi ? Ha bon, alors c’est pas la peine que je vous raconte. Si ? Bon.

Donc l’une de mes copines est instit, et depuis des années je l’entends déplorer les lacunes de ses élèves de CM en Français. En début d’année, me dit-elle, je leur ai demandé quelle était leur matière favorite, et celle qu’ils détestaient. Ils ont tous dit qu’ils détestaient le Français. Faut voir le niveau qu’ils ont. Une catastrophe, ils ne savent même pas identifier un verbe.

Ben, c’est pas nouveau que j’ai répondu. Pis quand même, c’est un peu de votre faute hein, quand on voit comment vous enseignez ça.

HIIIIIIIIIIII… HIIIIIIIIIIIII…

Faut jamais dire à un instit que c’est sa faute, même quand c’est sa faute, et même quand c’est une copine. Surtout quand c’est une copine.

J’ai attendu qu’elle arrête de me striduler des syndicalismes, et je lui ai demandé si elle avait déjà pensé à les prendre par la bande et à les faire rire.

Ha, parce qu’on peut prendre le Français par la bande peut-être, qu’elle m’a répondu.

J’y ai dit qu’oui, of course, et que par « Français » on pouvait entendre bien des choses hilarantes. Comme l’étymologie. Et je lui ai raconté l’histoire de l’orchidée. J’étais prête à parier qu’à l’issue d’un cours d’étymologie rigolote, les mômes reconnaitraient les verbes et les noms du premier coup d’œil.

Et comment s’il te plaît ? m’a-t-elle défiée.

Je lui ai suggéré d’amener en cours une orchidée, et de l’arracher à la terre sous les yeux ébahis des gosses qui ne manqueraient pas d’observer la forme couillue de ses racines. Et de leur expliquer que c’est à cause d’elles que l’orchidée se nomme comme ça. Parce qu’orchis, c’est couille, nom féminin[1], en Grec. Ca aurait l’avantage de leur démontrer que le langage n’est pas une abstraction, et qu’il y a des raisons à toute chose, ou presque, comme au terme de « racine » en grammaire, et que lesdites raisons sont rarement fastidieuses.

Oui mais les noms et verbes, quel rapport ?

Ben, lui ai-je dit. Tu dévies, et tu leur expliques qu’avec une racine grecque, comme orchis, on peut faire d’autres mots. Comme les savants. Tiens, avec le nom orchis et le verbe klastein, casser, tu peux faire un gros mot savant. Orchiclaste, in french casse-couille.

Pis dès qu’ils sont un peu calmés, tu leur file une liste de mots français dérivés du Grec, les mots grecs correspondants, et tu leur demande de retrouver leurs petits. Mais tu te veilles les mots que tu choisis. Faut pas qu’y ait d’équivoque. D’abord les verbes français/grec, ensuite les noms français/grec, enfin les binômes nom/verbe français et grecs.

J’ai dit binôme par pure malice, c’est un mot que les instits aiment bien. Ca les rassure.

Ha mais c’est pas con… ha mais c’est pas con…

Et du coup, elle s’est lancée.

J’ai reçu hier soir un mail incendiaire.

« Je leur ai fait le plan de l’orchidée. Merci. Ca fait trois jours, et j’ai toujours pas réussi à les calmer. T’es vraiment con.»

Ben, ça va être de ma faute. Pis elle m’a pas dit pour les repérages noms/verbes. J’aimerais bien savoir si ça a fonctionné. Pour l’orchiclaste, chus pas inquiète, je me doute bien qu’il sera pas perdu.



[1] Le risque, c’est qu’un élève qui suit plus que les autres va lui demander si c’est féminin pluriel même au singulier, à cause du s à la fin. Faut jamais sous estimer les mômes.

Posté par Marie Fox à 19:30 - Insignifiances - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 28 novembre 2007

Yesterday is here.

Posté par Marie Fox à 22:29 - Mùsica - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Quand maman n'est pas là...

Dis Marie, je m’ennuie un peu, tu veux pas me raconter une histoire ?kali_002

C’est ma Khalinette qui me cause, pendant que j’ai le nez plongé dans un bouquin dont la taille conséquente a déjà provoqué son admiration hier au soir. Elle a demandé à ses parents si elle pouvait pas rester sans eux à ma maison, parce que Marie et moi, on s’entend très bien, pas vrai Marie ?

Ca, sûr qu’on s’entend bien elle et moi. Elle cause comme on cause rarement à quatre ans, et elle me raconte plein de choses super sur Les Saintes où elle habite. C’est très loin Les Saintes, même qu’il faut prendre l’avion pour y aller, et aussi l’hélicoptère quand on s’est niqué la tête. Je te le dis tout bas parce que si ma mère elle m’entend dire un gros mot, c’est encore la litanique.

Ho, elle te fait des litaniques pour un gros mot ta mère ?

Khalinette me fait des yeux à la Mafalda qui la dispensent de développer le sujet. N’empêche, elle doit pas y aller doucement sur la litanique, sa mère, pour que le réflexe fonctionne même en son absence.

Bon, alors tu me racontes une histoire ?

Elle s’assied à côté de moi, je pose mon bouquin, et j’attaque.

« Hé bien figure toi qu’il y a très longtemps…

- Tu racontes sans livre ?

- Ben oui, pourquoi ?

- Moi je préfère quand y’a un livre, pour regarder les dessins de robes de princesse.

- Ouais mais là c’est pas une histoire de princesse.

- Ha bon ? c’est une histoire de quoi alors ?

- C’est une histoire de rois.

- Sans princesse ?

- Pff. Bon, si tu préfères, je t’apprends une polésie.

- Tu veux dire une poésie, je suppose.

- Si tu préfères oui. D’ailleurs, je te signale que j’en connais avec des gros mots dedans.

 

Alors là, bingo. Ma Khali en a les bras le long.

- c’est vrai ?

- Ben tiens, écoute, j’en ai une super rigolote.

 

Tout a été dit cent fois

Et beaucoup mieux que par moi 

Aussi quand j’écris des vers

C’est que ça m’amuse

C’est que ça m’amuse

Et je vous chie au nez.

 

Renversée sur le canapé, elle en hoquète de rire. Je vous chie au nez, je vous chie au nez. Visiblement, ça dépasse toutes ses espérances, et elle en a oublié ses princesses. Oui, mais je me dois quand même à un certain nombre de devoirs, hein. Retenir le dernier vers, c’est pas dur, mais si je veux pas me faire engueuler par ses parents ce soir, faut qu’elle la connaisse en entier, avec le nom de l’auteur, et en faisant pouf pouf avec la petite révérence comme Desproges, sinon on va avoir des soucis toutes les deux. Heureusement, elle est motivée. Trois minutes plus tard, elle la connaît par cœur, et soudain me demande. Alors qui c’est l’auteur ?

Boris Vian. C’était un très grand polète. Tu veux voir une photo ?

Je lui montre sur mon PC un superbe portrait de Vian, et dans un souffle elle me confie Funérailles, il est vachement beau.

Yes ! ma nièce préférée a adopté mon plus joli juron, et elle trouve Vian vachement beau. Y’aura plus qu’à gérer avec ses parents ce soir quand elle leur dira la nouvelle polésie qu’elle connaît. Mais après tout, tant pis. On s’est trop bien marrées, maintenant on va peinturer des cacas.

 

 

Posté par Marie Fox à 14:49 - Comme je veux - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 27 novembre 2007

Question.

Le Révérend Père Huc, dans son éminent ouvrage Voyages dans la Tartarie et le Thibet, mentionne un "chapeau à la trois pour cent". Quelque lecteur érudit ou modiste chenue sauraient-ils nous décrire cette sorte de chapeau ?
Il semblerait que la forme en ait été pyramidale, se pourrait-il que le "trois pour cent" indiquât le degré de déclivité du couvre-chef ? Il est à noter que nous avons également retrouvé cette sorte de chapeau, agrémenté d'un ruban, dans les pages d'Alexandre Dumas, d'où nous concluons, d'empirique façon, qu'ils devaient être fort en vogue dans la première moitié du 19ème siècle.

Posté par Marie Fox à 22:31 - Intermédiaire chercheurs curieux - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Question.

Dans son fort intéressant ouvrageVoyages dans la Tartarie et le Thibet, le Révérend Père Huc affirme que les Thibétains, dans les années 1840, désignaient les Anglais sous le sobriquet de Pélins de Calcutta. Quelque lecteur érudit ou Belge, amateur d’ouvrages de cette époque reculée, saurait-il nous en dire un peu plus sur cette dénomination ? Pourquoi Pélins ? Et pourquoi Calcutta ?

Posté par Marie Fox à 22:24 - Intermédiaire chercheurs curieux - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 26 novembre 2007

Le poète amoureux

Viens,

Viens dans mon leurre

Regarde, je l’ai planté pour toi.

La lune est de plastoc et l’arbre de faux bois

L’herbe, là, sous nos pieds

C’est que du goudron vert

Et le ciel du charbon.

Les étoiles,

J’en ai pas mis beaucoup

Ca tourne à l’électrique

Et ça coûte des sous

Mais je sais que t’aimes ça

Alors… dis, c'est bien imité ?

Alors, qu’est-ce que t’en dis ?

Moi j’attends de ta bouche une vérité nue.

 

Elle a serré les lèvres et le pull sur ses côtes.

Une vérité ?

Inside, elle a hurlé un rire sauvage. Y’a des hyènes qu’on peut pas contrefaire sans se déchirer en dedans.

 

Posté par Marie Fox à 13:44 - polésie - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

A revenge on painters

With a rubber

Shade off the dark

Soothe the light; tone the reds down on the picture.

Let the whale in the back

Play its old Chinese tunes

They will dance west,

Golden shadows on the waves of the night,

Till they spare drowned on blue sea grass

Carefully ranked round a sweet-eyed scarecrow.

Inside the whale, paint what you need

Hide what you fear

Take place in an armchair of guts

They’re so sweet in fresh whales,

And have a glass of this hoarse sugared wine

So expensive –

But those who can afford

A living in a whale don’t care about money.

Then choose one of the books,

That one, with shells on the worn out jacket

And pick the letters out

Random

To read

A foul bunch of rambling

(The problem with the whales is that they really stink

As much as a pack of dead dogs)

And, how could one paint this

Without using a word?

 

Posté par Marie Fox à 13:03 - In english - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 25 novembre 2007

Luz,

Luz Casal, vous savez bien, c’est cette rockeuse espagnole au corazón grande comme une montagne qui fait la musique des films de Pedro Almodovar. Belle comme un costume de torero, avec une voix à terrasser tous les Didier Super de notre galaxie. Piensa en mi, cette chanson qui fait pâmer les meufs dans leur cuisine chaque fois qu’elle passe à la radio, c’est Luz Casal. Hé bien je suis au regret d’écrire que cette chanson là est d’une mièvrerie sans égale, jérémiadesque au-delà du raisonnable, comme beaucoup d’autres de son répertoire. Et pourtant, ça passe, ça prend même, sans lasser, alors qu’on taperait volontiers, encore aujourd’hui, sur la tronche de Joe Dassin s’il nous infligeait les mêmes. Alors, pourquoi donc que j’y reviens si souvent ?

J’aurais tendance à  penser que c’est parce qu’il y a chez elle une sincérité qu’on ne trouve pas chez d’autres, et c’est pour ça que c’est juste très beau.

Ou qu’une pré-ménopause galopante commence à m’altérer le sens critique. allez savoir, l’auto-introspection, ça m’a toujours gonflée.

Posté par Marie Fox à 19:50 - Mùsica - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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