Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

lundi 10 septembre 2007

Journée du Patrimoine

Ce matin, en allant au marché quérir mes poireaux chez Robert (il faudra que je vous parle de ce gaillard là), je me suis arrêtée pour deviser un tantinet avec Sœur Michèle. Elle sortait de l’église, une grande pancarte dans les mains, « Maison et Chapelle de

la Galerie

, entrée rue de

la Providence

».

Ben oui, journée du patrimoine oblige, sœur Michèle est débordée. C’est ouvert toute l’année, il suffit d’aller sonner à la porte, et hop sœur Michèle vous fait visiter, vous raconte l’histoire des lieux, vous questionne… mais non, les visiteurs se pointent tous aujourd’hui pour s’entasser dans la galerie, ne voient rien de rien, prennent un cours magistral récité d’une voix aigre par des grenouilles de bénitier qui se portent volontaires pour l’occasion, et se perdent dans leurs explications si l’on soupire sur leur virgule, tant le sujet leur est étranger.
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Sœur Michèle les a « briefées » hier. Elle m’a confié qu’elle leur avait fait réviser le sujet. C’est qu’avant d’être nonne, elle était prof d’histoire.

Je l’ai rencontrée pour la première fois le jour où lassée de comptabiliser des choses chez moi, j’avais décidé d’aller enfin visiter le couvent.

J’étais allée sonner, tout bonnement, à la porte du surréalisme. J’avais expliqué que j’étais la voisine, que j’aurais bien voulu faire le tour, vu que cette chapelle donne à toute la rue une atmosphère très particulière.

« Vous vous sentez attirée par notre ordre ? » m’avait-elle demandé. J’avais expliqué que non, pas vraiment. Qu’en plus j’avais un chéri et trois gosses… Je cherchais une excuse plausible.

« Quand vous serez veuve, peut être, comme notre sainte fondatrice » m’avait elle répondu.

J’avoue qu’elle m’avait chatouillé le zygomatique, et je l’avais suivie dans la chapelle qu’elle avait ouverte pour moi. Elle m’avait raconté François de Sales, m’avait montré tous les détails, confié son peu de goût pour les reliques, expliqué les sœurs converses, elle avait sorti pour moi de vieux livres…  Sœur Michelle a de bonnes joues rondes, et les yeux qui brillent derrière ses lunettes.


Et de l’humour à revendre. C’est ça qui fait la différence entre une nonne et une grenouille de bénitier. Bref, quand j’avais repris contact avec le bitume quatre heures plus tard, nous étions devenues plus que de simples voisines. Aujourd’hui, à chaque visite, toutes les heures, elle me fait coucou de sa fenêtre, et tout à l’heure, elle a fait mine de se raser le menton, histoire de me faire comprendre qu’elle a hâte que ça se termine. Elle n’est plus toute jeune, la pauvre. Mais elle a beau dire, aujourd’hui, elle a mis un joli twin set blanc cassé, et j’ai bien vu qu’au lieu d’être en chaussons, elle a mis des souliers. Avec ses pieds tout gonflés, ce n’est pas très raisonnable. Elle a beau dire, ça lui fait plaisir, cette affluence.

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Photo 1 : soeur Michèle, vendredi, expliquait à deux touristes canadiens qu'elle ne faisait pas de visites à la veille des journées du patrimoine.
Photo 2 : une partie de la file d'attente, cet après midi, sous la flotte.



Posté par Marie Fox à 15:49 - Soeur Michèle - Commentaires [1] - Permalien [#]

piedmarie3


Commentaires

  • Comment qu'elle va soeur Michele, t'en causes pu

    Posté par Marie-Laetitia, jeudi 4 septembre 2008 à 22:47

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